Dans ce récit de fantasy, tout commence par une fuite et une urgence : celle de sauver Blandine, frappée par une étrange malédiction qui transforme peu à peu son corps. Sa peau se teinte de vert, et lorsque le mal atteindra son visage, elle sombrera dans la folie. Refusant de la perdre, sa sœur Jehanne n’a d’autre choix que de se lancer dans une quête périlleuse en direction du Bois d’Argent, un lieu mythique où vivraient les lycornes, seules capables de lever un tel sort.
Mais le voyage est loin d’un conte enchanté. Loin des créatures graciles et bienveillantes que l’on imagine, les lycornes se révèlent ici farouches, presque inquiétantes. Sacrées, indomptables, elles entretiennent une hostilité profonde envers les humains, rendant chaque espoir de guérison aussi fragile que dangereux. Cette tension constante donne au récit une tonalité plus sombre, où la survie passe avant les idéaux.
Ce qui fait la force de l’ouvrage, c’est justement ce décalage avec les codes habituels du genre. Derrière une trame en apparence classique se cache une approche plus rugueuse, plus ambiguë, qui interroge le lien entre l’humain et le merveilleux. Et pour une fois, on trouve une véritable originalité dans une histoire de fantasy mettant en scène des licornes : que ce soit dans son scénario ou dans son parti pris graphique, l’ensemble surprend et séduit, loin des récits convenus auxquels ces créatures nous ont trop souvent habitués.

